From Israel Magazine

Nous le savons, Israël a des représentants un peu partout dans le monde. Qu’ils soient médecins, chercheurs, joueurs de football ou encore artistes, ils font tous la fierté du pays. Le hasard nous a fait découvrir, à Londres, une chanteuse israélienne pas comme les autres. Sa scène, ce sont les quais des métros, son public, les voyageurs de passage. Si son parcours a été semé d’embûches, il a été récemment couronné de succès puisque Hadar Manor a été désignée en février dernier « La Reine du Métro » ! Un parcours qui méritait d’être raconté…


Hadar Manor, 29 ans, est née au Mochav Ginnaton près de Beth Shemen aux pieds des montagnes de Juda. « Lorsque le temps s’y prête, on peut voir tout le chemin vers Jérusalem Est et Tel-Aviv Ouest » nous dit Hadar avec fierté.
Ses parents, David, venu d’une famille yéménite de Netanya et Yardéna, kiboutznikit ashkénaze, se sont rencontrés à l’armée et ont décidé de construire une maison au Mochav. Hadar se rappelle que la question « De quelle origine es-tu ? », l’a suivie tout au long de sa jeunesse.
Sa mère, nous confie-t-elle, cuisine aussi bien le goulasch (plat ashkénaze) que le djahnoun (plat typique yéménite). « Le plus important, c’est qu’en chacun de nous, il y ait quelque chose de quelqu’un d’autre et que dans tout ce mélange de culture, naisse quelque chose de gracieux. » Elle adoptera, elle aussi, cette philosophie quelques années plus tard, en se mariant avec le Londonien Adam Tiernan Thomas, photographe créatif de profession, rencontré là-bas.

Entre New York et Londres
Hadar a toujours rêvé de faire de la musique et d’écrire des chansons mais elle ne commencera sa carrière qu’après avoir effectué son service militaire. Juste avant d’entrer dans Tsahal, elle part en Europe où elle fait la connaissance d’un groupe de jeunes musiciens venus de plusieurs pays, qui lui expliquent qu’ils font le tour de l’Europe, en jouant dans les rues. Ils lui donnent une guitare, lui apprennent quelques accords et elle décide de les accompagner. Elle retourne peu après en Israël pour faire son service militaire qui durera trois ans, car elle suit les cours d’officier et elle terminera avec le grade de Lieutenant, recevant une distinction des mains de Moshé Booguy Yaalon, alors Chef d’Etat-major.
Après l’armée, elle part à Amsterdam où elle séjournera quelques mois. « J’ai vécu là-bas dans une communauté d’artistes, descendant une nouvelle fois dans les rues pour jouer ma musique. Ensuite, je suis partie à Londres ».
Pourquoi Londres ? « Lorsque j’étais en secondaire, j’ai passé une mauvaise période, je n’arrivais pas à dormir la nuit ! La seule station radio que l’on pouvait écouter à cette époque était « The Voice of Peace », du légendaire Abie Nathan. Les programmes étaient essentiellement composés de succès anglophones des années 60, 70…. Depuis, je suis accrochée à cette musique ».
Hadar a toujours eu la sensation que la vraie vie se passait ailleurs et que le mochav n’était qu’une salle d’attente. « J’ai toujours voulu vivre à l’étranger. J’hésitais entre New York et Londres. J’ai choisi Londres et j’habite dans un immeuble qui regroupe des dizaines de familles juives, catholiques, musulmanes, russes, chinoises, et la paix règne ».

suite dans Israel Magazine N*89

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